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Les fondamentaux de la moxibustion en médecine traditionnelle chinoise


La moxibustion contribue grandement au prestige de la culture traditionnelle chinoise, figurant parmi les plus anciennes formes de thérapie de la Chine ancienne. Admise en 2010 au patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO, la moxibustion connait aujourd’hui une reconnaissance internationale pour ses bienfaits.

Cette technique thérapeutique, consiste en  la stimulation de points d’acupuncture spécifiques par la chaleur au moyen de rouleaux d’armoise afin de libérer la circulation énergétique le long des méridiens. Issue de la médecine traditionnelle

chinoise (MTC), son usage s’est rependu à travers le monde.


Origine de la moxibustion

La moxibustion est une technique thérapeutique datant de la Chine antique. Le premier ouvrage  d’autorité en médecine traditionnelle chinoise, le Huangdi Nei Jing, fait déjà référence à une méthode de soin du nom de Bienjiu ( chinois simplifié : 砭灸) employant des moxas. Le grand orientaliste George Soulié de Morant, traduit cette technique chinoise par « poinçons de pierre et moxa ». Des recherches ont montré l’antériorité de l’usage des poinçons de moxa aux aiguilles de métal. La moxibustion est donc l’ancêtre de l’acupuncture.


Dans la tradition bouddhiste, le moxa est une technique d’initiation des moines chinois et japonais dans lesquels on leur pose un cône d’encens sur la tête.

Sous la dynastie des Ming (1368-1644), l’utilisation de la moxibustion allait de pair avec l’acupuncture.

L’arrivée des moxas en Europe date de la fin du XVII ième siècle. Cette technique thérapeutique chinoise, dont de nombreux auteurs français font les louanges, permettait de traiter la goutte.

L’emploi des moxas se démocratise au XIX ième pour soigner les maladies chroniques et stimuler le système nerveux.

Le célèbre roman de Balzac, Le Père Goriot, mentionne l’utilisation de ce traitement, prescrit au protagoniste principal suite à une crise d’apoplexie.

Les moxas sont également mentionnés par Barbey d’Aurevilly dans le livre, Les Diaboliques.  Ce traitement est alors prescrit à un personnage de fiction souffrant de tabes dorsalis suite à sa trop forte activité sexuelle auprès des femmes.

En 2010 la moxibustion a fait son entrée au patrimoine culturel immatériel de l’humanité de l’UNESCO au côté de l’acupuncture.


Qu’est-ce que la moxibution ?


Le mot de « moxa » et « moxibustion » employé en Occident pour désigner cette pratique chinoise est en réalité japonais.  Les chinois utilisent le mot Jiu (chinois simplifié : 灸) ou Kao (chinois simplifié :拷) pour désigner cette pratique médicale.  Le mot « moxa » désigne à la fois le bâton d’armoise servant à chauffer les points et la technique thérapeutique.

Cette technique chinoise consiste à stimuler des points d’acupuncture par la chaleur afin de libérer l’énergie des méridiens. Pour cela, le praticien utilise la chaleur produite par la combustion lente d’un produit végétal : un bâton d’armoise ou moxa.

Cette pratique thérapeutique s’était d’abord développée dans les régions septentrionales de la Chine, où les climats étaient froids et humides, afin de lutter contre les dérèglements liés aux agressions externes.

En Chine la moxibustion est souvent associée à l’acupuncture. Le thérapeute en mtc a recours à l’un ou l’autre des traitements en fonction des troubles du patient. Il peut arriver que certains points d’acupuncture se prêtent davantage à la moxibustion qu’à l’acupuncture ou l’inverse. Certains points d’acupuncture ne sont jamais piqués mais plutôt stimulés par la chaleur ou une stimulation manuelle.


Fabrication et composition des moxas



Composition

Les moxas sont constitués d’armoise séchée. Il existe de nombreuses variétés d’armoise. C’est toutefois l’artemisia vulgaris qui est principalement utilisée dans la moxibustion.

Fabrication

Les moxas couramment utilisés sont des bâtonnets d’une longueur de d’environ 20 cm et d’une largeur de 2 cm.

Les moxas sont fabriqués à partir de feuilles d’armoise séchées puis broyées afin de former de la poudre. La poudre d’armoise est ensuite compressée en rouleaux entourés de papier.


Types de moxas

Il existe plusieurs types de moxa :

Les moxas d’armoise pure. Il s’agit du moxa historique, utilisé dans la médecine traditionnelle chinoise.Les moxas sans fumée. Les moxas traditionnels ont l’inconvénient de dégager une fumée épaisse et odorante pouvant accommoder certains patients. Afin de palier à ce problème, des chercheurs ont mis au point des moxas sans fumée. Ce type de moxa offre un meilleur confort d’utilisation pour les praticiens en mtc.Les cônes de moxa. Ils sont utilisés plus rarement par les praticiens. Ces cônes sont posés sur le point d’énergie du patient puis allumés à leur extrémité afin d’activer la circulation. Il peut arriver que le praticien place une tranche de gingembre frais entre la peau et le cône. Ceci permet de contenir la chaleur et accélérer la combustion.Moxa électrique ou lampes chauffantes. Il existe aujourd’hui des appareils électriques permettant de pratiquer la moxibustion en toute sécurité.


Pratique de la moxibustion

Il existe plusieurs techniques d’application en moxibustion.

Moxa indirect.



La méthode la plus courante consiste en l’utilisation d’un bâton de moxa. Le bâton est tout d’abord allumé à son extrémité afin d’être porté à incandescence. Puis le bâton est placé à trois centimètres environ du point d’acupuncture choisi, jusqu’à ce qu’une chaleur douce se fasse ressentir au niveau de la peau. Lorsque la sensation de chaleur se fait sentir au niveau local, le moxa est éloigné, puis ensuite rapproché à nouveau à trois centimètres du point. Ce processus s’effectue ainsi 5 ou 6 fois. Le temps de traitement en moxibustion dure généralement entre 3 et 5 minutes pour chaque point d’acupuncture. Cette méthode porte le nom de « moxas de becquetage » ou « moxa indirect ». Lorsque le traitement est fini, il suffit de prendre le soin d’éteindre le bout incandescent du moxa dans un étouffoir à moxa ou un étui à cigare métallique.


Moxa Direct



Cette technique consiste à appliquer de petits cônes de moxa directement au contact du point d’acupuncture à traiter. Le haut du cône est allumé puis posé sur la peau du patient. Une rondelle de gingembre peut être placée entre la peau et le moxa afin de limiter la chaleur. Lorsque la sensation de chaleur est trop forte, le thérapeute retire le cône.

Il peut arriver que le praticien place une petite boule d’armoise sur l’extrémité d’une aiguille d’acupuncture avant son application. Ensuite il allume la boule pour que la chaleur se diffuse dans l’aiguille afin d’augmenter la stimulation du point d’acupuncture.  Cette pratique est toutefois réservée aux praticiens expérimentés.


Auto traitement par moxas

Alors que l’auto traitement par l’acupuncture semble difficile, pratiquer l’auto traitement par la moxibustion est possible. Il faut toutefois avoir une connaissance des points d’acupuncture à chauffer et de leur fonction afin d’éviter tout déséquilibre énergétique. Il peut arriver que le praticien demande au patient de chauffer certains points d’acupuncture entre deux séances. Dans ce cas, lorsqu’il est conseillé et pratiqué par le praticien en mtc l’auto traitement ne pose pas de problème.

Des ouvrages en moxibustion ont été spécifiquement conçus pour aider toute personne à effectuer un auto traitement par moxas.


Bienfaits de la moxibustion en médecine chinoise

La moxibustion constitue un outil de traitement essentiel à la médecine traditionnelle chinoise. Voici les principales vertus de la moxibustion en mtc :

Régulation de la circulation du Qi dans le corps humain. La moxibustion dénoue les blocages empêchant une circulation énergétique fluide.

Renforcement du système immunitaire. En activant la circulation énergétique, Elle constitue un traitement contre l’action des énergies extérieures froid-humidité. Traitement  des maladies chroniques provoquées par un déficit de yang Harmonisation du système yin-yang.

Il est à noter que l’armoise est également utilisée comme insecticide. Les chinois utilisent parfois la combustion d’armoise afin de faire fuir les mouches, les moustiques et tout insecte en général.


Indication

Proverbe chinois,« Comme la femme supporte le ciel, les moxas supportent la moitié des maladies ».

La moxibustion constitue une forme de traitement efficace pour de nombreuses maladies :

Soulagement des douleurs liées à l’arthrite.

Traitement de problèmes digestifs tels que les diarrhées chroniques, coliques, constipation. Traitement de certains troubles gynécologiques tels que la dysménorrhée. Solution de traitement à l’infertilité féminine. Traitement de la fatigue chronique par le renforcement de l’énergie vitale.Renforcement du système immunitaire.Tonification générale de l’organisme.


Contre-Indication de la moxibustion

La moxibustion a pour effet de réchauffer l’organisme. Cette technique est donc à éviter pour les patients soufflant d’un excès de chaud ou de sécheresse.

La pratique de la moxibustion est également déconseillée pour les personnes souffrant de vertiges, maux de tête, épuisement général, ou pouls rapide (supérieur à 84 battements à la minute).

Enfin, les moxas ne doivent pas être appliqués sur les points du visage et sur les points du bas ventre lors d’une grossesse.


Formation à la moxibustion

La moxibustion fait partie de la catégorie des pratiques de soin non-conventionnelles. De nombreuses écoles en médecine traditionnelle chinoise dispensent des formations à la moxibustion de grande qualité. Toutefois ces diplômes n’ont aucune reconnaissance de l’Etat.


Sources et Références:

Jean Francois Juster de Coulanges, L’armoise dans la médecine traditionnelle chinoise, Guy Trédaniel, FranceJean-Louis Poupy, Manuel pratique de moxibustion – Soulagez vous-même vos douleurs par simple échauffement des points d’acupuncture, Broché, 2016